Ce week-end, j’étais présente sur un salon des allergies et intolérances alimentaires. Ce terme d’intolérance est souvent mal utilisé car il peut englober différentes choses qui n’ont rien à voir, notamment l’intolérance au lactose et l’intolérance au gluten. Si l’intolérance au lactose est bien connue, en revanche, l’hypersensibilité au gluten (qui est différente de la maladie cœliaque) est, quant à elle, plutôt décriée…et pourtant tellement réelle chez les personnes qui en souffrent (et je suis bien placée pour vous en parler!). Quel est l’intérêt de mettre un nom sur des symptômes, me diriez-vous? Et bien pour savoir comment agir au mieux derrière! Vous avez envie d’en savoir plus sur vos hypersensibilités? alors lisez ce qui suit 🙂

IL EXISTE AU MOINS 3 TYPES D’HYPERSENSIBILITÉS ALIMENTAIRES

Il en existe même 2 autres, mais moins répandues, alors je suis restée sur les 3 plus importantes qui sont schématisées ci-dessous (la situation est plus compliquée que cela, mais je vous la fait courte 😉 )

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L’ALLERGIE ALIMENTAIRE DE TYPE I

Elle se caractérise par une réponse anormale du système immunitaire à un aliment. Dans le cas d’une allergie, ce sont les anticorps de type IgE qui, lorsqu’ils entrent en contact avec un allergène spécifique (une protéine alimentaire), provoquent la libération massive de médiateurs chimiques tels que l’histamine. Ces derniers sont responsables de l’apparition des symptômes rapides et plus ou moins violents associés à l’allergie.

Selon la personne et selon les cas la gravité de l’allergie peut varier : depuis le simple urticaire, jusqu’au gonflement au niveau des voies respiratoires, une chute de pression artérielle,….

LES CAUSES

Certaines allergies peuvent être transitoires (venir du jour au lendemain, pour une cause souvent non définie comme un choc émotionnel, une opération (effet des produits injectés ???),… puis disparaitre un beau jour) mais généralement elles sont permanentes et doivent faire l’objet d’une éviction à vie des aliments incriminés.  L’apparition d’une allergie peut avoir différentes causes : une prédisposition génétique, l’alimentation durant l’enfance (allaitement ou non, introduction trop rapide de nouveaux aliments,…), l’environnement, l’état de notre système immunitaire, etc…

 

L’ HYPERSENSIBILITÉ OU ALLERGIE DE TYPE III

C’est ce qu’on appelle souvent, à tort, une intolérance. Le terme d’hypersensibilité pourrait être plus adapté et éviter les confusions. Comme dans le cas précédent, il s’agit d’une réaction qui fait intervenir le système immunitaire, mais pas le même que précédemment (on considère ici que les immunoglobulines de type G ou IgG sont concernées). Par rapport au cas précédent, la réponse allergique est moins aiguë et retardée. elle arrive dans les 3h à 3jours après l’ingestion de l’aliment. En gros, il faut que celui-ci passe la barrière intestinale et c’est ensuite qu’il va déclencher une réponse immunitaire et une réaction inflammatoire.

Ce type de réaction est dû à un passage accru de protéines d’origine alimentaires insuffisamment digérées au travers de la paroi intestinale. Ces molécules vont être identifiées comme « étrangères » par notre système immunitaire mais ne vont pas déclencher de réponse immunitaire comme les allergies. Par contre cela va se traduire par des réactions à distance, sur d’autres organes ou tissus (tendons, peau, …), à caractère inflammatoires.

Ce phénomène existe chez tout le monde, à petite échelle. Cela constitue un sorte de ‘bruit de fond’. Les choses se compliquent si  d’autres facteurs sont réunis (prédisposition génétique, stress, facteurs environnementaux, ou surtout surexposition aux molécules incriminées). Dans ce cas, la personne peut commencer à développer des symptômes aussi variés qu’éloignés de la sphère intestinale. Si la paroi intestinale devient trop poreuse et trop enflammée, des symptômes peuvent également apparaitre au niveau de la sphère intestinale (alternance diarrhées/constipations, douleurs, ballonnements,…). L’origine du problème  n’est pas l’aliment incriminé (quoique, dans le cas du gluten, il semblerait que si car il causerait une augmentation de la perméabilité intestinale chez tout le monde). L’origine de l’hypersensibilité alimentaire est plutôt liée à une augmentation de la perméabilité intestinale et/ou une modification de la sensibilité immunitaire, dont les causes peuvent être nombreuses (déséquilibre de la flore intestinale, prise de médicaments, stress, métaux lourds,…). Par contre l’aliment déclenchant l’hypersensibilité entretient l’inflammation et donc le problème.

ET EN PRATIQUE?

Vous allez vous dire, « bon elle est gentille avec toute sa théorie, mais on en conclue quoi de tout ça ? ». Et bien, d’une part que si vous souffrez de ce type d’hypersensibilité, un dosage des IgE (tel que vous feront les allergologues) ne servira à rien. Il faudra vous rapprocher d’un spécialiste formé à ce type de problème (moi ou certains nutritionnistes ou naturopathes) pour effectuer d’autres tests. D’autre part,  que la prise en charge de ce type d’hypersensibilité passe par une éviction temporaire (de 6 mois à 1 an en théorie, mais parfois plus) de l’aliment incriminé associé à un traitement de votre intestin visant à calmer l’inflammation et à redonner une perméabilité normale. C’est donc plutôt positif, non ?

Remarque : tous le corps médical n’est pas d’accord pour reconnaitre l’existence de ce type d’hypersensibilité ni sur le rôle du dosage de IgG. En ce qui me concerne, l’éviction des aliments identifiés dans ce type de test (en respectant une certaine méthodologie!) a bien permis de faire disparaitre mes différentes douleurs (maux de tête, douleurs musculaires, tendinites à répétition) et à me redonner de l’énergie et une vraie qualité de vie. J’ai également des résultats étonnants sur plusieurs patients que je suis, dont des améliorations de transits chez des constipés chroniques ou encore une amélioration d’un psoriasis très étendu.

LES INTOLÉRANCES (AU LACTOSE, AU FRUCTOSE)

Contrairement aux cas précédents, dans l’intolérance au lactose ou au fructose, on n’a pas de réponse immunitaire.

Dans le cas de l’intolérance au lactose, les ballonnements et les problèmes de diarrhées sont dus à l’absence ou à la faible production de lactase, l’enzyme permettant de digérer ce sucre. Le lactose s’accumule et va être fermenté par certaines bactéries de notre tube digestif, ce qui va occasionner des symptômes intestinaux dans les 3h suivant l’ingestion du produit laitier.

Dans le cas de l‘intolérance au fructose, le problème provient d’un manque d’enzyme permettant au fructose de traverser la barrière intestinale, et donc d’être utilisé.

En cas d’intolérances, la solution sera de ne plus consommer cet aliment ou alors en très petites quantités (tout dépend de votre tolérance personnelle). Pour le lactose, il peut également être possible de consommer des compléments alimentaires contenant de la lactase en parallèle, de manière à pouvoir mieux le digérer.

L’intolérance aux FODMAPS est encore différente. Il s’agit dans ce cas d’une sensibilité accrue de l’intestin suite à une fermentation excessive de certaines fibres, sucres et/ou polyols. Cette sensibilité peut-être temporaire…ou plus durable.

J’espère que cet article, un peu théorique il est vrai, ne vous aura pas trop assommé ! Mon objectif est effectivement un peu éducatif, mais aussi pour vous aider à y voir plus clair dans ce que peuvent prescrire les médecins. Si vous avez des doutes sur votre propre cas, si vous pensez souffrir d’hypersensibilité alimentaire, contactez-moi, je me ferais un plaisir de vous aider. Suite à mon vécu de multi-intolérante, j’ai à cœur d’aider les personnes qui peuvent se retrouver perdues face à une médecine souvent fermée sur ce qui ne relève pas de l’allergie classique !