J’ai eu envie d’écrire cet article suite à deux cas que j’ai rencontré récemment dans lesquels un médecin avait demandé un test pour une suspicion d’intolérance et s’est retrouvé avec une analyse pour des allergies…forcément les tests sont apparus négatifs et les patients n’étaient pas plus avancés sur l’origine de leurs symptômes ! Dans la vie de tous les jours aussi les termes allergie, intolérance, sensibilité alimentaire, sont souvent confondus. Je me suis dit que j’allais faire de mon mieux pour vous expliquer tout cela (de façon un peu simplifiée) et vous aider à y voir plus clair…

IL EXISTE AU MOINS 3 TYPES D’HYPERSENSIBILITÉS ALIMENTAIRES

Il en existe même 2 autres, mais moins répandues, alors je suis restée sur les 3 plus importantes qui sont schématisées ci-dessous (pas de panique si cela parait  un peu complexe à ce niveau, je détaille chaque hypersensibilité plus bas  😉 )

L’ALLERGIE ALIMENTAIRE (OU HYPERSENSIBILITÉ DE TYPE I)

Elle se caractérise par une réponse anormale du système immunitaire à un aliment. Dans le cas d’une allergie, ce sont les anticorps de type IgE qui, lorsqu’ils entrent en contact avec un allergène spécifique (une protéine), provoquent la libération massive de médiateurs chimiques tels que l’histamine. Ces derniers sont responsables de l’apparition des symptômes associés à l’allergie.

Selon la personne et selon les cas la gravité de l’allergie peut varier : depuis le simple urticaire, jusqu’au gonflement au niveau des voies respiratoires, une chute de pression artérielle,….

LES CAUSES

Certaines allergies peuvent être transitoires (venir du jour au lendemain, pour une cause souvent non définie comme un choc émotionnel, une opération (effet des produits injectés ???),… puis disparaitre un beau jour) mais généralement elles sont permanentes et doivent faire l’objet d’une éviction à vie des aliments incriminés.  L’apparition d’une allergie peut avoir différentes causes : une prédisposition génétique, l’alimentation durant l’enfance (allaitement ou non, introduction trop rapide de nouveaux aliments,…), l’environnement, l’état de notre système immunitaire, etc…

 

L’ HYPERSENSIBILITÉ DE TYPE II

C’est ce que j’appelle, peut-être par abus de langage, une intolérance… Là aussi, c’est une réaction qui fait intervenir le système immunitaire, mais pas le même (on considère ici que les immunoglobulines de type G ou IgG sont concernées). La différence se situe surtout dans le délai de réponse : plutôt long et à plus discret.

Ce type de réaction est dû à un passage accru de protéines d’origine alimentaires insuffisamment digérées au travers de la paroi intestinale. Ces molécules vont être identifiées comme « étrangères » par notre système immunitaire mais ne vont pas déclencher de réponse immunitaire comme les allergies. Par contre cela va se traduire par des réactions à distance, sur d’autres organes ou tissus (tendons, peau, …), à caractère inflammatoires.

Il existe chez tout le monde un passage de ces protéines mal digérées à travers la paroi intestinale. Cela constitue un sorte de ‘bruit de fond’. Les choses se compliquent si  d’autres facteurs sont réunis (prédisposition génétique, stress, facteurs environnementaux, ou surtout surexposition aux molécules incriminées). Dans ce cas, la personne peut commencer à développer des symptômes aussi variés qu’éloignés de la sphère intestinale. Si la paroi intestinale devient trop poreuse, donc trop enflammée, des symptômes peuvent également apparaitre au niveau de la sphère intestinale (alternance diarrhées/constipations, douleurs, ballonnements,…). L’origine du problème  n’est pas l’aliment incriminé, plutôt un déséquilibre au niveau de l’écosystème intestinal. Par contre l’aliment déclenchant l’hypersensibilité entretient le problème.

ET EN PRATIQUE?

Vous allez vous dire, « bon elle est gentille avec toute sa théorie, mais on en conclue quoi de tout ça ? ». Et bien, d’une part que si vous souffrez de ce type d’hypersensibilité, un dosage des IgE (tel que vous feront les allergologues) ne servira à rien. Il faudra vous rapprocher d’un spécialiste formé à ce type de problème (votre micro-nutritionniste préférée, au hasard ;-)) pour effectuer d’autres tests. D’autre part,  que la prise en charge de ce type d’hypersensibilité passe par une éviction temporaire (de 6 mois à 1 an) de l’aliment incriminé associé à un traitement de votre intestin visant à calmer l’inflammation et à redonner une perméabilité normale. C’est donc plutôt positif, non ?

Remarque : tous le corps médical n’est pas d’accord pour reconnaitre l’existence de ce type d’hypersensibilité ni sur le rôle du dosage de IgG. En ce qui me concerne, et je connais de nombreux autres cas identiques, le lien entre les résultats d’analyses et l’éviction des aliments identifiés, à bien permis de faire disparaitre mes différentes douleurs (maux de tête, douleurs musculaires, tendinites à répétition)…

LA ‘SENSIBILITÉ’ AU LACTOSE

On parle souvent d’intolérance au lactose (j’ai pris le lactose mais il n’est pas le seul à déclencher ce type de réactions, les colorant, certains additifs et autres peuvent provoquer ça également), pourtant cela n’a rien à voir avec le cas précédent.

Ici, on n’a pas de réponse immunitaire. La sensibilité apparait  lorsque l’organisme est incapable de digérer un aliment ou l’un de ses composants. Dans le cas de la sensibilité au lactose, cela s’observe lorsqu’on ne produit pas suffisamment (ou pas du tout) de lactase, l’enzyme permettant de digérer ce sucre. Le lactose va alors être fermenté par certaines bactéries de notre tube digestif, ce qui va occasionner des ballonnements et un inconfort digestif, voire des diarrhées.

Là encore, en cas de problème pour digérer le lactose, ou toute autre molécule, la seule solution sera de ne plus consommer cet aliment ou alors en très petites quantités (tout dépend de l’importance des symptômes et de la gêne occasionnée). Pour le lactose, il peut également être possible de consommer des compléments alimentaires contenant de la lactase en parallèle, de manière à pouvoir mieux le digérer.

 

J’espère que cet article, un peu théorique il est vrai, ne vous aura pas trop assommé ! Mon objectif est effectivement un peu éducatif, mais aussi pour vous aider à y voir plus clair dans ce que peuvent prescrire les médecins. Si vous avez des doutes sur votre propre cas, si vous pensez souffrir d’hypersensibilité alimentaire, contactez-moi, je me ferais un plaisir de vous aider. Suite à mon vécu de multi-intolérante, j’ai à cœur d’aider les personnes qui peuvent se retrouver perdues face à une médecine souvent fermée sur ce qui ne relève pas de l’allergie classique !