Le week-end dernier  j’étais sur le salon du Bien-être et des médecines douces à Lyon. La moitié des personnes, au bas mot, qui sont venues me voir sur mon stand m’ont parlé de problèmes de ballonnements (du genre à te donner un ventre de femme enceinte tous les soirs… ) et de gaz à gogo. Outre le mal-être physique, j’ai aussi ressenti leur souffrance morale. Il faut dire que c’est désagréable et embarrassant d’avoir le ventre qui fait des bruits de tuyauterie toute la journée ou d’avoir des flatulences en pleine réunion… ! J’ai donc voulu dédier cet article (le premier d’une petite série…) à toutes ces personnes dont les intestins se rebellent et qui ballonnent, qui pètent ou qui rotent (ben oui, appelons un chat, un chat) de façon chronique ou anarchique.

GAZ A TOUS LES ÉTAGES : LES CAUSES ET LES REMÈDES LES PLUS ELEMENTAIRES            

Pour commencer, il faut savoir que le fait d’avoir des flatulences est un phénomène normal et naturel. Cela montre que notre intestin est en bonne santé. Pas la peine d’aller consulter pour un petit pet de temps en temps. Par contre, lorsque cela devient trop fréquent voire douloureux, il est bon de se poser les bonnes questions pour y remédier.

Les causes les plus fréquentes de gaz ou de ballonnements sont :

1-UNE MAUVAISE MASTICATION

bien mâcherOn retrouve notamment ce problème chez les personnes ayant un appareil dentaire ou une mauvaise occlusion dentaire (mauvais alignement des dents entre la mâchoire inférieure et supérieure, dents qui manquent,…). Les personnes qui mangent trop rapidement, en moins de 20-30min pour un repas principal, sont également souvent concernées. 

La 1ere étape d’une bonne digestion se fait dans la bouche, à la fois par l’action mécanique mais aussi par l’action chimique de la salive. Des études montrent notamment qu’une mastication insuffisante enflamme l’intestin et augmente sa perméabilité. Donc prenez l’habitude de reposer votre fourchette entre 2 bouchées ou de manger avec des baguettes. Vous ralentirez ainsi la cadence et mâcherez davantage.

2- L’ABSORPTION D’AIR EN MANGEANT OU EN MÂCHANT.

Cela est fréquent chez les personnes qui mangent en état de stress ou qui mangent tout en parlant avec leur voisin de table. Si vous avez l’habitude de boire des boissons gazeuses pendant le repas ou de mâcher des chewing-gum toute la journée, vous gagnerez également à changer ces habitudes. Evitez de boire pendant le repas et limitez votre consommation d’eau gazeuse ou de soda.

3-UNE CONSOMMATION TROP IMPORTANTE D’ALIMENTS QUI FERMENTENT

ARTICHAUTUne grosse partie des fibres et polysaccharides (chaines de 2 à 3 sucres) de notre alimentation ne peuvent pas être digérées directement. Par contre, elles sont digérées par certaines bactéries de notre flore, ce qui génère la production de gaz et d’autres composés bénéfiques pour la santé. Ces fibres font partie des FODMAP. En fonction de la composition de votre flore, ces gaz peuvent devenir trop importants. Les aliments qui sont le plus fermentescibles sont : les légumineuses (surtout les haricots secs, les flageolets, les pois chiches), les choux et les aliments riches en inuline (topinambour, artichaut, oignon, ail, poireau, salsifis, chicorée).

Pour les légumes secs, les faire tremper 12h avant de les cuire permet de diminuer un peu ces gaz. En les cuisinant avec des épices comme le cumin ou le fenouil, vous limiterez également les dégâts. Pour les autres légumes, il est possible de les blanchir dans une ou 2 eaux avant de les cuisiner. Les fibres solubles partiront dans l’eau de cuisson. Et sinon, limitez les quantités que vous ingérez par repas. Si possible, ne les éliminez pas complètement car ces fibres viennent nourrir votre bonne flore (celle qui a un rôle probiotique notamment). C’est d’ailleurs pour cela qu’un régime sans FODMAP ne devrait pas dépasser 2-3 mois !

Une consommation trop importante de crudités peut également devenir gênante chez certaines personnes ayant un « feu digestif » ou une capacité enzymatique réduite. Si c’est votre cas, limitez-vous à une portion de crudités par jour et consommez le reste de vos légumes sous forme cuite.

Enfin, et c’est souvent le plus répandu : une intolérance au lactose ! Ce sucre présent dans le lait (qu’il soit de vache ou de chèvre !) et les produits laitiers comme les yaourts, les glaces ou les fromages frais, peut s’accumuler et occasionner ballonnements et diarrhées faute d’enzymes pour le digérer (70% de la population perd ces enzymes à l’âge adulte).

4- DE MAUVAISES ASSOCIATIONS ALIMENTAIRES

Chez certaines personnes, la capacité de digestion est un peu limitée et l’association de certains aliments ne permet pas une bonne digestion de ceux-ci. Par exemple, le fait de manger un fruit frais en fin de repas peut entrainer des ballonnements car le fruit stagne dans l’estomac et commence à fermenter, générant du gaz. Pour éviter cela, vous pouvez remplacer le fruit frais par une compote ou bien, ce qui est même mieux, consommer plutôt le fruit à distance du repas, vers 16-17h par exemple.

LES REMÈDES ANTI-BALLONNEMENTS

épices carminativesOutre une modification de vos habitudes alimentaires, vous pouvez éliminer ou limiter les gae et ballonnements à l’aide de quelques remèdes de grand-mère très efficaces :

  • L’utilisation dans la cuisine ou en infusion d’épices carminatives: menthe, cardamome, badiane, anis, fenouil, fenugrec et carvi sont toutes recommandées pour limiter les gaz.
  • Le charbon actif: prendre 2 gélules à distance du repas et de la prise de médicaments (on peut aller jusqu’à 6 par jour, mais attention, cela a tendance à constiper).
  • Le ‘lait’ d’argile: mettre une cuillère à café d’argile dans un verre d’eau de source (utiliser une cuillère en bois ou en plastique, pas en métal). Laisser poser toute la journée ou la nuit et boire l’eau au-dessus de l’argile (pas l’argile !).

 

QUAND LES GAZ OU LES BALLONNEMENTS  DEVIENNENT CHRONIQUES…

Lorsque ces conseils ne donnent rien et que vos ballonnements ou gaz deviennent chroniques, il est temps de consulter un thérapeute pour creuser davantage et identifier le dysfonctionnement derrière.

Il existe 4 pathologies majeures pouvant être liés à des ballonnements ou des flatulences chroniques :

Le SIBO (Small Intestinal Bacteria Overgrowth) ou surdéveloppement bactérien au niveau de l’intestin grêle. En principe, cette première partie de l’intestin est assez pauvre en bactéries. Suite à certains dysfonctionnements (que je vais décrire plus bas), il peut arriver qu’une flore s’y développe de façon anormale. Les symptômes sont généralement des gaz qui surviennent dans les 15min à 1h après le premier repas de la journée et des ballonnements qui s’accentuent au fur et à mesure de la journée. Le matin, le ventre est plat, le soir, vous êtes enceinte de 5 mois…Cela s’accompagne souvent d’une constipation ou de diarrhées, selon le type de SIBO. Le meilleur test pour le dépister est un test respiratoire au glucose ou au lactulose.

La dysbiose au niveau du gros intestin. Dans ce cas, la flore du colon est déséquilibrée et va fermenter de façon anormale certains aliments. Si cela s’accompagne d’odeurs désagréables, c’est la flore de putréfaction (=celle qui digère les protéines) qui est anormalement développée. En l’absence d’odeur, c’est la flore de fermentation (=celle qui digère les sucres et les glucides) qui est trop importante. Cela s’accompagne souvent d’une candidose intestinale, c’est-à-dire du surdéveloppement de la levure candida Albicans. Cela peut également s’accompagner d’une modification du transit (alternance diarrhées/constipation, diarrhées ou constipation) et de douleurs à la palpation sur les côtés du ventre. Différents tests permettent d’identifier ce type de dysbiose : MOU urinaire (à réaliser auprès du laboratoire Barbier) ou analyse de selles voire analyse du microbiote. Ce type de test est en plein essor en France, je m’y suis d’ailleurs fortement intéressée ces derniers mois…

-La présence de parasites intestinaux. Ils peuvent s’attraper lors d’un voyage a l’étranger mais aussi si vous consommez des fruits ou légumes mal lavés ou encore de viandes mal cuites.

– Un syndrome de l’intestin irritable (SII). Dans le cas du SII, les ballonnements ne sont pas forcément supérieurs à la normale mais l’hypersensibilité de l’intestin à la distension occasionne de fortes douleurs même en présence de ballonnements qui pourraient passer inaperçus chez une personne saine. Cette pathologie peut-être liée à la présence d’un SIBO ou d’hypersensibilités alimentaires (au gluten, aux œufs, aux protéines de lait ou toute autre protéine alimentaire).

LES CAUSES DERRIÈRE CES PROBLÈMES DE FLATULENCES OU BALLONNEMENTS CHRONIQUES

Comme dit ci-dessus, quand vos problèmes de gaz deviennent handicapants et chroniques, il est indispensable de remonter à la cause pour s’en débarrasser durablement.

Je ne vais pas forcément rentrer dans le détail dans cet article (mais je l’approfondirais dans les prochains traitant spécifiquement du SIBO ou des dysbioses du colon) mais voici déjà quelques pistes que j’explore dès qu’une personne me consulte pour ce type de pathologie :

UNE ALIMENTATION DÉSÉQUILIBRÉE OU INADAPTÉE

L’excès de sucres, de protéines, de graisses cuites (viandes rouges, sauces, fritures), de sel …peuvent être à l’origine d’une dysbiose au niveau du colon et donc de gaz à profusion.

UNE DIGESTION HAUTE INSUFFISANTE.

digestionElle peut être liée à un manque d’acidité au niveau de l’estomac (oui, même en cas de reflux, c’est souvent un manque et non un excès d’acidité qui est en cause, n’en déplaise à votre médecin…). Une production de bile insuffisante ou une insuffisance pancréatique peuvent également entrainer une mauvaise digestion des aliments en amont ? Cela occasionne des fermentations anormales au niveau de l’intestin et une digestion généralement lente.

LA CONSTIPATION

Celle-ci peut être liée à une hypothyroïdie (tout comme les dysfonctionnements ci-dessus d’ailleurs !), à une alimentation inadaptée, à des problèmes d’adhérence ou de blocage physiques ou à d’autres raisons encore. J’y ai d’ailleurs dédié un article complet. En cas de constipation, les aliments stagnent dans l’intestin, ce qui peut favoriser les fermentations anormales et le développement anormal de bactéries.

LE STRESS !

stress et yogaL’impact du stress sur la digestion est multiple ! J’en ai d’ailleurs la preuve tous les jours sur plusieurs de mes patientes. Le stress peut entrainer une augmentation de l’absorption d’air en mangeant, une mauvaise digestion au niveau de l’estomac, un déséquilibre de flore (chez moi, ma candidose flambe de nouveau en période de stress intense…). Un stress chronique ou aigüe peut également déclencher un SII. Donc quel que soit votre problème, sa prise en charge devrait passer AUSSI par une meilleure gestion de vos émotions. J’avais d’ailleurs écrit 2 articles sur les méthodes de gestion du stress.

 

Nous voici à la fin de cet article, toujours un peu long, mais il faut dire que le sujet est complexe ! On pourrait y dédier un livre entier. Et à ce propos, est-ce vous faites partie de celles (et ceux) chez qui les problèmes de gaz/ballonnement font partie du quotidien?

Et si vous souhaitez me poser des questions plus personnelles ou une consultation vis-à-vis de vos problèmes de ‘gaz’, contactez-moi au 0768698456