Aujourd’hui je vais vous parler d’hypochlorhydrie, c’est-à-dire du manque d’acidité de l’estomac. Ce n’est pas forcément un sujet de saison …mais finalement c’est un sujet  de tous les jours ! De plus, il est pour moi très important car souvent source de mauvais diagnostic et donc de problèmes de santé chroniques. Cela fait également partie des problèmes que je retrouve chez un grand nombre de mes patientes…et dont je souffre moi-même. Je suis donc doublement concernée ! 😉

Si vous souffrez de reflux, d’une digestion lente, de ballonnements, il est possible que vous manquiez d’acide dans votre estomac… Vous ne me croyez pas ? Lisez la suite !

LES CAUSES D’UN MANQUE D’ACIDITÉ DE L’ESTOMAC

L’estomac sécrète naturellement un acide : l’acide chlorhydrique. Son rôle ? Acidifier le bol alimentaire afin de permettre une bonne action des enzymes digestives. Cette forte acidité permet également de stimuler le pancréas et la vésicule biliaire afin qu’elles sécrètent les sucs digestifs. Elle détruit certaines bactéries pathogènes, levures ou virus et ainsi évite leur prolifération. Cela permet également à certaines bonnes bactéries de pouvoir fonctionner et de synthétiser de la vitamine B12, entre-autres.

La sécrétion naturelle d’acide peut diminuer dans certaines situations :

  1. L’âge: après 50ans, l’acidité de l’estomac tend à diminuer, ce qui amoindrie l’efficacité de la digestion.
  2. Une hypothyroïdie ou une diminution de la fonction thyroïdienne: elles sont beaucoup plus fréquentes que ce que diagnostiquent les médecins qui ne se fient qu’à un seul marqueur (la TSH) pourtant bien insuffisant pour évaluer la fonction thyroïdienne…mais cela fera l’objet d’un prochain article 😉
  3. Le stress : encore lui…il fatigue nos surrénales, ce qui derrière va impacter la fonction thyroïdienne et abaisser diverses sécrétions digestives.
  4. Les médicaments (Oméprazole , Cimétidine et bien sûr les IPP !)  et certains antibiotiques
  5. La présence en grande quantité de la bactérie H.Pylori
  6. L’alimentation! Si elle est carencée en certains nutriments (zinc par exemple), trop riche en aliments alcalinisants (sodas notamment) et/ou trop pauvre en saveurs amères , cela favorise l’hypochlorhydrie.
  7. La contamination aux métaux lourds: mercure, aluminium notamment

LES CONSÉQUENCES D‘UNE HYPOCHLORHYDRIE

gastrite-reflux

Un manque d’acidité de l’estomac se traduit déjà par une digestion difficile, lente et incomplète. Vous envoyez alors à votre intestin des aliments mal digérés qui fermentent, ce qui est la cause de ballonnement et de gaz (et/ou de rôts). L’hypochlorhydrie est d’ailleurs une des causes  des déséquilibres de flore (candidose, SIBO,…) car si le pH de l’estomac n’est pas bon, il y a de fortes chances que le pH de l’intestin ne soit pas bon non plus, ce qui peut déstabiliser la flore intestinale et permettre l’installation de bactéries là où elles ne devraient pas.

La mauvaise digestion au niveau de l’estomac et les fermentations qui en découlent peuvent également entrainer des reflux gastriques, par affaiblissement du sphincter et ‘surpression’ (difficulté à descendre + gaz = remontée du bol alimentaire). Quand on sait que la plupart du temps on va vous prescrire des IPP pour ‘guérir’ votre reflux, on comprend vite qu’on marche sur la tête ! Certes, il n’y a plus du tout d’acidité donc cela ne brule plus, mais les reflux ne s’arrêtent pas et surtout cela entraine un dysfonctionnement chronique de la fonction digestive ! Le seul intérêt, pour moi, de la prise d’IPP est de mettre la muqueuse au repos le temps de la cicatriser en cas de gastrite ou d’œsophagite (= inflammation des muqueuses de l’estomac et de l’œsophage). Un mois ou deux maximum.

Enfin, le manque d’acidité diminue la digestion des protéines et l’absorption de certaines vitamines, (notamment celles du groupe B, la B12 en tête) et minéraux. Cela peut se traduire par des carences et l’apparition d’hypersensibilités alimentaires (intolérances alimentaires ou allergies).

COMMENT SAVOIR SI ON SOUFFRE D’HYPOCHLORHYDRIE ?

Il est possible de faire une analyse du pH gastrique à l’hôpital en avalant un petit capteur qui va venir mesurer l’acidité de l’estomac. Peu d’établissements le pratique et c’est relativement compliqué.

Je vous recommande une méthode plus empirique mais bien plus pratique : le test au bicarbonate de soude.

Il vous suffit de mélanger ½ cuillère à café de bicarbonate de soude à un demi-verre d’eau. Vous buvez ce mélange  à jeun (idéalement le matin avant le petit déjeuner et le soir avant le repas).  La soude du bicarbonate va réagir en présence de l’acide de votre estomac, ce qui va former du gaz. Il suffit de chronométrer combien de temps ce gaz met à sortir (=rôt):

  • Moins de 2 min : tout va bien.
  • Entre 2 et 5 min, votre estomac manque d’acidité.
  • Au-delà de 5 min : vous manquez nettement d’acidité (certains parlent d’achlorhydrie).

Il est bon de refaire ce test sur au moins 2 moments de la journée et 3 journées différentes afin de faire une moyenne.

Pour les personnes qui n’arrivent pas à roter de façon générale ou pour qui le goût du bicarbonate est vraiment trop désagréable, il existe une autre méthode (pour moi un peu moins évidente) : mettez une cuillère à soupe de vinaigre de cidre dans un peu d’eau et buvez cette solution 15 minutes avant le repas. Notez si cela vous facilite la digestion ou pas.

Dernière option: achetez de la Bétaïne-HCl en pharmacie et prenez-en à une ou deux reprises 10 min avant le repas.

Si une de ces deux propositions amène à un mieux au niveau digestif, vous avez votre réponse : vous êtes en hypochlorhydrie.  

NB : attention le test au vinaigre ou la prise de Bétaïne HCl sont à éviter si vous souffrez de gastrite, sous peine de brûlures aiguës!

COMMENT FAIRE SI JE SOUFFRE D’UN MANQUE D’ACIDITÉ DE L’ESTOMAC ?

salade amèreVous pouvez déjà commencer par agir au niveau de votre alimentation :

  • Supprimez les sodas et limitez les eaux trop alcalines (St Yorre et Vichy Célestins) ou trop calcaires.
  • Consommez plus d’aliments amers afin de stimuler les sécrétions gastriques : chicorée (salade, boisson), pissenlit (salade, infusion), autres salades amères ( le radicchio ou trévise, la roquette), les endives, le chou kale, les épinards, le pourpier ou encore les feuilles d’artichaut.
  • Mâchez suffisamment ! La digestion commence dans votre bouche , on a trop souvent tendance à l’oublier et à manger en quatrième vitesse

La gestion du stress sera ensuite très importante car il ne faut pas sous-estimer les conséquences d’un stress chronique sur l’organisme. Vous trouverez quelques astuces pour gérer votre stress dans ce précédent article.

La phytothérapie est également d’une grande aide. Pour ne pas risquer de mauvaises surprises, vous pouvez vous orienter vers des tisanes à base de gentiane, de pissenlit ou de chicorée.

Enfin, la prise de Bétaine-HCl associé ou non à des enzymes digestives pourra permettre de pallier le manque d’acidité naturelle. Je vous recommande tout de même d’identifier la ou les causes en parallèle afin de les traiter (je suis persuadée qu’il vaut mieux traiter le problème à la racine quand c’est possible pour permettre au corps de revenir à l’équilibre). Pour ce faire, faites-vous accompagner ! Contactez-moi pour que nous regardions tout cela ensemble.

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