Le printemps, saison magnifique avec tous ses arbres en fleur…mais aussi souvent synonyme de rhume des foins ! Le rhume des foins est en fait une rhinite allergique. Les pollens enflamment les muqueuses du nez, des yeux et des poumons. Il en résulte les symptômes bien connus : nez qui coule, yeux qui piquent ou conjonctivites, paupières gonflées, éternuements….et j’en passe. Le problème, c’est que les traitements classiques calment plutôt les symptômes mais n’agissent pas sur les causes et sur le terrain. D’où un effet limité. Pourtant, le rhume des foins n’est pas une fatalité et il est possible de le faire disparaitre ou au moins de limiter ses symptômes…à condition de s’y prendre à l’avance (idéalement 1 à 2 mois avant). Et vous allez le voir, la prise en charge de la rhinite allergique passe (encore) par une action sur …le microbiote! 😉

SENSIBILITE AU RHUME DES FOINS: UNE QUESTION DE TERRAIN

L’allergie aux pollens se développe lorsque le système immunitaire ne sait plus distinguer ce qu’il doit tolérer ou non. Il peut alors devenir hyper réactif à des substances pourtant inoffensives.

Si certaines personnes ont une allergie aux pollens depuis leur enfance, d’autres vont la voir apparaitre spontanément….voire disparaitre presque aussi spontanément. Ça a été notamment le cas pour moi, allergique au pollen de tilleul pendant quelques années puis plus rien depuis bien 15 ans. Ou encore de mon père qui est devenu spontanément allergique au miel après une longue hospitalisation et de fortes doses de médicaments. Cela m’a longtemps paru étrange…jusqu’à ce que je m’intéresse aux rôles de notre écosystème intestinal et à l’impact de l’inflammation chronique de « bas-grade ». En d’autres termes : notre terrain.

Mais qui dit action de terrain dit prévention! En effet, inutile d’espérer modifier un problème de fond en prenant un complément alimentaire (ou un médicament) sur 15 jours. La prise en charge et la prévention de la rhinite allergique s’anticipe donc:calendrier des allergies aux pollens

COMMENT L’EQUILIBRE INTESTINAL INFLUE SUR LES ALLERGIES

microbiote et allergiesLes bactéries qui peuplent notre intestin  interagissent avec les cellules du système immunitaire qui s’y trouvent. Or, elles sont nombreuses : environ 60 à 70% de notre système immunitaire se situe ou passe par notre intestin !

Les études montrent qu’une flore intestinale déséquilibrée  (manque de bifidobactéries notamment) ou de faible diversité diminuent la tolérance digestive et donc augmente la sensibilité allergique.

D’autre part, un intestin trop perméable (ou poreux) laisse passer certaines bactéries ou des morceaux de bactéries (on les appelle LPS ou lipo-polysaccharides). Elles vont entrainer une réponse inflammatoire et venir engorger la rate et le système lymphoïde (ganglions). Cela a pour conséquence d’exacerber les réponses allergiques.

Qu’est-ce qui peut entrainer une hyper-perméabilité digestive ou déséquilibrer votre flore digestive?  

  • La prise de certains médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires, anti-acides ou IPP, aspirine, corticoïdes,…)
  • L’alimentation : trop riche en sucres et glucides, trop riche en protéines ou en mauvaises graisses (d’origine animale et/ou cuites), riche en additifs et/ou polluants, trop pauvre en fibres…
  • Le stress (encore et toujours!)
  • La pollution, les métaux lourds,…

L’INFLAMMATION DE BAS-GRADE FAVORISE LES TERRAINS ALLERGIQUES

L’inflammation de bas grade est une inflammation chronique, sourde, qui peut rester des années  asymptomatique. Le problème c’est que dès que quelque chose vient créer une petite inflammation supplémentaire (l’attaque d’un virus, l’inhalation ou l’ingestion de substances allergisantes, un stress aigu …), les symptômes flambent.

L’inflammation de bas-grade peut-être causée par une alimentation déséquilibrée: manque d’antioxydants, déséquilibre omega-6/omega-3, excès de sucres, excès d’aliments grillés… L’existence d’hypersensibilités alimentaires retardées (appelées, à tort, intolérances) est également souvent en cause.  Il n’est d’ailleurs pas rare que certains patients me disent voir disparaitre leur rhinite allergique après que l’on ai adapté leur alimentation pour éliminer les aliments sources d’hypersensibilités (gluten, protéines de lait, œufs,….selon les personnes).

6 GESTES A ADOPTER POUR PRÉVENIR LE RHUME DES FOINS

1-FAVORISEZ LES FIBRES POUR UNE FLORE DIGESTIVE AU TOP

Avant toute chose, il faut donner à votre microbiote le « terreau » nécessaire pour que les bonnes bactéries puissent se développer.  Pour cela, vous veillerez donc à consommer suffisamment d’aliments riches en fibres :

  • Céréales complètes et produits céréaliers à base de farines complètes BIO (riz semi-complet, pâtes au blé complet, quinoa, pain complet,…)
  • Légumes riches en fibres prébiotiques: oignon, ail, poireau, artichaut, topinambour, salsifis, asperge, chicorée
  • Pomme de terre ou riz refroidis (donc consommés le lendemain), riches en amidon résistant. Cet amidon n’est que peu absorbé par notre intestin, par contre il est très apprécié par nos bactéries !

La consommation de produits fermentés peut avoir un intérêt mais certains, trop riches en histamine, seront par contre à limiter juste avant et pendant la période des pollens.  Préférez donc les yaourts (au lait ou alternatives végétales), les fromages frais, le kéfir ou le kombucha (selon tolérance). Attention aux fromages vieux et affinés longtemps, la sauce soja ou la sauce nuoc-nam.

Vous trouverez plus de détails sur les moyens de chouchouter votre microbiote ici.

2-UN A DEUX MOIS AVANT : FAITES UNE CURE DE PROBIOTIQUES

Certaines souches de probiotiques semblent avoir la capacité de moduler la réponse allergique. Il s’agit notamment de Lactobacillus Rhamnosus, Lactobacillus Salivarius, Lactobacillus Paracasei et Bifidobacterium Longum .

Remarque : Un produit que j’ai pu tester et dont j’ai pu valider l’efficacité : Lactibiane ALR des laboratoires Pilèje.

3-AJOUTEZ DE BONNES HUILES DANS VOTRE ASSIETTE

Afin de moduler l’inflammation chronique, il est important d’augmenter votre apport en omega-3 tout en limitant celui en omega-6 et en graisses saturées. Veillez donc à ajouter 2 cuillères à soupe / jour d’huile de colza ou de lin vierges et issues de 1ere pression à froid (donc on évite la Lessieur « Fleur de colza » en bouteille en plastique ou l’Isio 4 !!!) dans votre alimentation. Attention, ces huiles sont très sensibles à la chaleur, donc conservez-les au frais et ajoutez-les sur vos salades ou après la cuisson. Limitez au maximum l’huile de pépins de raisin ou l’huile de tournesol, riches en omega-6. Les omega-3 augmentent la formation de composés anti-inflammatoires.

L’huile de nigelle pourra être intéressante pour son action sur la flore intestinale. Elle peut s’ajouter sur les aliments (à froid) ou se prendre sous forme de gélules.

4-COMBLEZ VOS CARENCES EN VITAMINES D

Plusieurs études ont montré qu’une carence en vitamine D augmentait le risque d’allergie. Ce déficit concernant la plupart d’entre nous, il est recommandé de se complémenter en vitamines D pendant les mois d’automne et d’hiver. Par la suite, exposez-vous au moins 30min au soleil chaque jour.

5-OPTEZ POUR DES ANTI-HISTAMINIQUES NATURELS

baies rouge et quercétinePlutôt que de vous précipiter vers la pharmacie pour prendre des antihistaminiques de synthèse, commencez par ceux présents naturellement dans les aliments ou les plantes ! La quercétine contenue dans les oignons rouges, les câpres, la livèche, les petites baies (myrtille, mure, groseille) ou encore le brocoli. En tisane, le plantain en contient également. Par contre il faudra en faire des infusions (30g de feuilles/l) chaque jours, pendant plusieurs jours pour voir un effet.  Pour la quercétine concentrée,  vous pourrez en trouver de bonne qualité auprès du laboratoire Nutrixéal (s’il leur en reste, car elle est aussi recommandée dans la lutte contre le Covid-19 et est donc TRES recherchée en ce moment !).

6-LIMITEZ LES ALIMENTS RICHES EN HISTAMINES

Les symptômes allergiques sont déclenchés par la libération d’histamine en grande quantité. Si vous êtes sensible au rhume des foins, limiter les aliments qui contiennent déjà naturellement de l’histamine peut être un plus. Ces aliments sont :

  • La charcuterie, les produits de salaison, les viandes qui ont attendues 2-3j au réfrigérateur
  • Les poissons n conserve, marinés fumés ou séchés (préférez les poissons frais ou surgelés)
  • Les tomates et produits en contenant, la choucroute, les épinards, les aubergines, les avocats, les fraises
  • Les fromages affinés et les fromages fondus

7 (BONUS)-IDENTIFIEZ VOS HYPERSENSIBILITES ALIMENTAIRES ET ADAPTEZ VOTRE ALIMENTATION !

 

J’espère que cet article vous sera utile. Je suis consciente que ces conseils arriveront peut etre un peu tard pour certains d’entre-vous. Mettez-vous le de côté pour l’an prochain. Et surtout rappelez-vous : c’est sur le terrain qu’il faut agir, donc le mieux est de travailler dessus plusieurs mois AVANT la période critique ! Contactez moi si vous voulez être accompagné(e).

Remarque : Contrairement à mes habitudes, je vous ai donné quelques noms de produits. Je l’ai fait en toute indépendance (je ne reçois rien des marques en question). Il s’agit de produits que j’ai pu tester personnellement et dont je connais la qualité.

Sources:

  • Solutions Naturopathie – n°20 Février 2020
  • https://www.pollenundallergie.ch/infos-sur-pollens-et-allergies/centreallergie/info-allergies/allergies-intolerances/intolerances-alimentaires/intolerance-a-l-histamine/?oid=1913&lang=fr